Le plastique, c’est une famille nombreuse, une famille qui comprend toutes ces matières synthétiques, constituées de macromolécules obtenues par polymérisation ou polycondensation et qui peuvent être moulées ou modelées. Derrière ces quelques précisions scientifiques qui peuvent paraître obscures, se trouvent en réalité des produits qui nous sont familiers et dont nous faisons un usage quotidien : le nylon, le PVC, le polyester, le polyamide, la résine, le silicone, le téflon, le plexiglas…. et la liste est loin d’être exhaustive !

D’où vient-il ? L’histoire du plastique est à vrai dire bien moins longue que celle du fer, du verre ou du marbre. Elle commence à l’aube de la révolution industrielle, dans l’Angleterre du début du XIXème siècle.
Alexander Parkes fait partie de ces inventeurs de l’époque, n’ayant aucune formation scientifique particulière mais élevé dans le culte de l’invention. S’étant occupé un temps de la fabrication du caoutchouc naturel, il s’intéresse à la création de matières pouvant avoir des qualités proches de celles du caoutchouc, et obtient un premier type de celluloïd baptisé Parkésine, dont les premiers échantillons sont présentés au cours de l’exposition universelle à Londres en 1862.
De l’autre côté de l’Atlantique, à l’occasion d’un concours, les frères Hyatt, imprimeurs de l’Etat de New York, cherchent un substitut à l’ivoire pour la fabrication des boules de billard. En 1870, à partir du camphre et de la cellulose ils mettent au point la première véritable matière plastique : le nitrate de cellulose dit celluloïd.

La dernière étape importante revient au chimiste belge Léo Baekeland puisque c’est lui qui en 1907 met au point la première matière plastique 100% synthétique : la bakélite.
Après la première guerre mondiale, la fabrication des premières matières plastiques entre dans l’ère industrielle. Le pétrole, matière première principale dans la fabrication du plastique est accessible, et la pétrochimie se diversifie, donnant naissance à la plasturgie dont le but est de concevoir et de fabriquer des objets en plastique. La deuxième guerre mondiale, et les pénuries qu’elle engendre renforcent la place accordée au plastique, comme matériau de substitution à bas coût. Et les années 50 marquent la diversification, l’entrée dans l’ère de la production et de la consommation de masse, la créativité s’exprimant dans la recherche des formes et des couleurs données au plastique. On peut alors parler d’entrée dans l’âge du plastique.

C’est à ce moment précis que l’histoire du plastique vient croiser celle de la création en Italie. Si l’Italie a été absente des débuts de l’histoire du plastique, la deuxième moitié du XXème siècle est la période au cours de laquelle le design italien a su faire sienne cette matière dont les qualités offrent des possibilités illimitées au génie des créateurs.


Kartell

L’histoire de Kartell est depuis toujours liée à celle du plastique. Cette maison, fondée en 1949 par Giulio Castelli qui est ingénieur chimiste, se donne d’emblée pour objectif d’introduire le plastique dans l’habitat. Chez Kartell, création rime avec technologie et design. Dans les années 60, la marque se fait connaître avec les chaises de Joe Colombo, et les conteneurs superposables d’Anna Castelli Ferrieri.

En 1972, Kartell participe à l’exposition “Italy : the new domestic landscape” organisée au Musée d’art moderne de New York. A cette occasion, trois des plus grands noms du design italien : Gae Aulenti, Ettore Sottsass et Marco Zanuso présentent trois prototypes d’habitations avant-gardistes où le plastique est naturellement très présent.
En 1988, Claudio Luti devient propriétaire de la firme milanaise dont il prend la présidence. Ex bras droit de Gianni Versace, il passe avec succès de la mode au design. ”Qualité et innovation” sont ses maîtres mots, il insiste sur le côté industriel et non artisanal de la marque. Kartell continue à travailler avec les icônes du design international, et chaque année, un ou deux nouveaux designers rejoignent l’équipe.
Depuis le début des années 2000, les chaises et les fauteuils connaissent un essor particulier. Eros et Louis Ghost, dessinés par Philippe Stark et réalisés en polycarbonate, matière qui offre sa transparence sont des modèles désormais devenus des classiques.

On peut qualifier l’histoire de Kartell de success story du plastique : on ne compte plus ses récompenses (neuf compas d’or, entre autres), et son envergure est résolument internationale. Avec plus de 4000 points de vente dans 72 pays, il est le leader mondial du plastique.

Guzzini

Chez Fratelli Guzzini, on a aussi misé sur le binôme design et plastique. La fondation de la maison en 1912 relève de l’extraordinaire intuition que le plastique sera d’une grande utilité dans la maison. Dès les premières années, les frères Guzzini voient dans le plastique une matière capable d’initier de nouvelles habitudes, de créer une nouvelle culture domestique. Ils ont conscience aussi que le plastique permet de proposer des esthétiques nouvelles, et c’est dans cette voie qu’ils engagent une production qui devient vite le symbole de la production d’objets en plastique pour la maison, d’objets dont l’usage est quotidien, mais pour lesquels on n’a renoncé ni à la qualité ni à l’esthétique.

L’innovation technologique a toujours été à l’honneur dans la maison : dès la fin des années 30, et de façon avant-gardiste, la matière acrylique entre dans la production, pour être complétée par un processus d’impression dans les années 60. Les années 80 sont marquées par l’utilisation d’un plastique bicolore, qui reste aujourd’hui un symbole de la marque.

Guzzini explore aujourd’hui l’utilisation de matériaux qui ne sont plus seulement des matières plastiques. Il s’appuie sur les recherches menées au sein du Guzzini Lab, un centre de recherche-développement interne à l’entreprise et entièrement auto-financé. Conscience est prise que l’ancienneté dans le domaine ne garantit en rien la pérennité et qu’il faut sans cesse innover.

Alessi

Contrairement à Kartell ou à Guzzini, Alessi ne doit pas son succès aux seules matières plastiques, et l’on ne retracera pas ici l’histoire de cette maison qui incarne dans le monde le succès du design à l’italienne.
C’est plus particulièrement à la fin des années 80 qu’Alessi fait le choix d’élargir sa gamme de matériaux au plastique en particulier, mais pas seulement. Sous la houlette de Mendini, grand découvreur de talents, deux jeunes designers florentins entrent chez Alessi : Stefano Giovannoni et Guido Venturini. La gamme des objets dessinés par ces deux nouvelles recrues répond au souci de développer les parts de marché d’Alessi dans un contexte économique plutôt défavorable, et de capter une nouvelle clientèle, aux revenus plus modestes mais à l’esprit très jeune. Fait marquant : la majeure partie de leur travail est en plastique, matière qui répond au goût du jour. Ils affirment : “nous aimons concevoir des objets qui plaisent à monsieur-tout-le-monde”. Les nouvelles créations, souvent qualifiées de néokitsch, ne manquent pas d’humour, et jouent sur des codes ludiques qui rappellent l’enfance.
Dans les années 90, Alessi prend pleinement conscience du regain d’intérêt pour les objets en plastique des années 50 et 60. Au-delà des modèles nouvellement créés, sont réédités des objets dessinés dans les années 60 comme la gamme imaginée par Enzo Mari.

Parce qu’il est économique, léger, résistant, parce qu’il peut se plier aux mille caprices des créateurs, parce qu’il est souvent recyclable et cherche à répondre tout à la fois à un souci d’esthétique, de pratique et de respect de l’environnement, le plastique présente toutes les caractéristiques de la modernité.
Aujourd’hui produit de haute technologie, capable de prouesses inégalées dans le domaine de la création et du design mais aussi dans ceux de l’automobile, de l’aéronautique, de la chirurgie, du sport, du bâtiment, le plastique n’a pas fini d’offrir champ libre aux investigations des chercheurs et à l’imagination des créateurs.

Spacci:
Kartell
Via delle Industrie, 1 (loc. Naviglio)
20 082 Binasco
02/900121
ouvert de 9h00 à 13h00 et de 14h00 à 18h00
Alessi
Via Privata Alessi, 6
28 882 Omegna (VB)

Guzzini
Contrada Mattonata, 60 (vers Ancora)
62 019 Recanati (MC)
ouvert de 9h00 à 12h30 et de 14h00 à 18h00

Charlotte Rousseau - de Charentenay

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