Le quartier Garibaldi-Brera

Le Duomo, la galerie Vittorio Emanuele II, la Scala, le Cenacolo de Leonardo, le stade de San Siro, Armani et Prada, les vieux trams aux banquettes en bois... On a tous en tête ces images de Milan et d’autres encore, mais Milan c’est aussi et surtout une ville secrète, qui cache ou ignore ses trésors, une ville de tradition qui lorgne vers le futur, une ville ancrée dans son terroir mais qui flirte avec le monde.

Cette année, nos balades nous entraîneront vers ce Milan populaire et vivant et nous partagerons avec vous nos découvertes et nos coups de cœur.

Brera, quartier des artistes et des antiquaires, fief de Gae Aulenti entre autres, c’est un peu le Saint Germain de Milan : une oasis de calme à côté de la frénésie et du clinquant du quartier du Duomo pourtant tout proche.
Ici la période de reconstruction de l’après-guerre n’a laissé que peu de traces et les ruelles ont gardé le charme d’antan.
C’est bien sûr un quartier connu des touristes qu’attirent l’exceptionnelle collection de peintures de la pinacothèque de Brera ou les petits restaurants typiques des rues Brera et Fiori Chiari.
C’est aussi un quartier qui a su préserver quelques commerces traditionnels parmi les boutiques de créateurs tendance et malgré les rénovations parfois sauvages.

Notre point de départ : largo La Foppa (MM Moscova), carrefour animé traversé par la bruyante via della Moscova. Un cappuccino et un croissant chez Princi et vous voilà d’attaque pour notre flânerie urbaine.


Un petit crochet par la via della Moscova chez Asnaghi Tessuti (N°68) : magasin de tissus à l’ancienne avec vieux comptoir en bois et vendeurs attentionnés.
Presque en face au N° 47a, chez Pietro Maneiro, encore un magasin de tissus, mais il s’agit là de tissus précieux aux couleurs et motifs raffinés, dans une mise en scène théâtrale sans cesse renouvelée.


Retour vers le corso Garibaldi : enfin petit air d’Italie à Milan ! Rue calme, semi-piétonne, façades ocres et briques aux balcons envahis de plantes, boutiques et restos branchés.
A l’angle avec la via L.S.Mantegazza, au N°2, la trattoria Al Mattarel propose toujours ses plats traditionnels comme à l’époque de Bettino Craxi.
Au N°71, une institution milanaise : Rossignoli, magasin de cycles et accessoires depuis les années 1940.
Au fil de votre flânerie, n’hésitez pas à entrer sous les porches (au N°38 par exemple): vous découvrirez les cours intérieures des case di ringhiera, maisons typiques des quartiers populaires du centre de Milan, la plupart aujourd’hui restaurées.


En bas du corso, sur votre gauche, un peu en retrait, San Simpliciano, une des 4 basiliques fondées par Saint Ambroise : encore un lieu hors du temps et de l’agitation.
Nous voici au croisement avec la via Pontaccio et son flot incessant de voitures, nous poursuivons un peu la via Mercato : là aussi quelques locali storici, comme Torriani, pour les déguisements (le Piccolo Teatro est tout proche !) et Guerrini pour les instruments de musique.
Sur votre gauche, les petites ruelles piétonnes San Carpoforo, Fiori Chiari, Formentini, Madonnina sont le royaume des antiquaires et galeristes (à voir entre autres : Angela Caputi et ses bijoux de résine colorée, antiquités art déco chez Epipla).


Derrière la Piazza del Carmine et son énigmatique penseur, la via Ciovasso est un bel exemple du paradoxe milanais : ruelle étroite, seule tache colorée dans la pénombre, la devanture rouge de la boutique d’Anna Maria Urzi (vêtements, chapeaux et objets années 30). Un peu plus loin, en sous-sol, plongée vers le futur avec le showroom d’Edra et ses meubles en plexi aux couleurs flashy.
Continuons vers la via Brera : la rue s’élargit, nous retrouvons quelques palazzi prestigieux des XVIIIe et XIXes. un peu décrépits (palazzi Citterio et Cusani). Toute l’activité du quartier tourne autour de l’académie des Beaux Arts de Brera et sa pinacothèque ; une curiosité à y découvrir : l’orto botanico.
Au N°28a de la via Brera, la boutique Cesare Crespi propose depuis plus de 100 ans aux artistes amateurs ou professionnels toutes les fournitures et accessoires nécessaires.
Au N°32, un autre lieu incontournable, le bar Jamaica, le café des artistes de Milan, fréquenté à l’époque par des personnalités comme Lucio Fontana et Piero Manzoni, mais aussi Benito Mussolini.


Une petite halte sur le parvis de San Marco dont la façade donnait autrefois sur un canal aujourd’hui recouvert par la via San Marco, comme en témoigne l’écluse encore visible juste avant les Bastioni di Porta Nuova.
Plus haut, via Solferino, au N° 17, la minuscule église anglicane semble écrasée entre les palais XIXe s. voisins, entre autres celui qui abrite le siège du puissant Corriere della Sera.
Si vous avez toujours le ventre vide, il est temps de passer aux nourritures terrestres : pour cela, une seule adresse possible, la minuscule latteria di San Marco au N° 24 de la rue, nourriture saine (la cuisine est faite dans des poêles en argent !!) et accueil adorable de Arturo et Maria.

Bonne balade !

Valérie Lenglart

 

 

Itinéraire proposé pour Milan Accueil par Nathalie Capua le 13 avril 2007.
Réactions, commentaires, suggestions sur le mail val_lenglart@yahoo.fr



 


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